Archive for the ‘Photos’ Category

Pyramides de Guizeh

vendredi, mars 5th, 2010

Je ne pouvais revenir en France sans avoir vu les Pyramides de Guizeh et le Sphinx : voici chose faite !

Mykérinos, Khéphren, Khéops

La première impression est celle ressentie en apercevant les pyramides, alors que j’étais encore dans le taxi, en pleine ville. Elles sont très près des habitations, qui se sont étendues avec la croissance démographique. On n’imagine pas voir ces géantes depuis les grandes artères de la ville.

Il n’y a rien à écrire sinon le sentiment d’immensité qui m’a envahie lorsque j’ai été devant ces pyramides, que tant de touristes ont vu depuis des centaines d’années : j’ai repensé aux photographies noir et blanc d’époque que des expositions exposent parfois, montrant des écrivains célèbres venus faire la visite en chameau des pyramides… j’ai repensé aussi aux passages de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem dans lesquels Chateaubriand cite Bossuet pour le contredire et affirmer le sentiment d’admiration pour le peuple égyptien ayant élevé ces tombeaux gigantesques :

« Mais quelque effort que fassent les hommes, dit Bossuet, leur néant paraît partout : ces pyramides étaient des tombeaux ! encore les rois qui les ont bâties n’ont-ils pas eu le pouvoir d’y être inhumés, et ils n’ont pas joui de leur sépulcre. » J’avoue pourtant qu’au premier aspect des Pyramides, je n’ai senti que de l’admiration. Je sais que la philosophie peut gémir ou sourire en songeant que le plus grand monument sorti de la main des hommes est un tombeau; mais pourquoi ne voir dans la pyramide de Chéops qu’un amas de pierres et un squelette ? Ce n’est point par le sentiment de son néant que l’homme a élevé un tel sépulcre, c’est par l’instinct de son immortalité : ce sépulcre n’est point la borne qui annonce la fin d’une carrière d’un jour, c’est la borne qui marque l’entrée d’une vie sans terme ; c’est une espèce de porte éternelle bâtie sur les confins de l’éternité.

En effet, quel sentiment d’éternité et d’immensité quand on compare notre petitesse à la grandeur de cet édifice construit par l’homme, et dernière des Sept merveilles du monde antique encore visible aujourd’hui.

En revanche, le Sphinx est relativement décevant : les diverses publicités (opticiennes !) l’ont tellement montré sous tous ses angles que l’on s’attend à une sculpture très grande. En réalité, il l’est beaucoup moins que les pyramides, et l’on ne peut l’approcher de très près à cause des grilles de protection.

Cimetière de l’Imam el Leissi

mercredi, mars 3rd, 2010

Je suis partie cet après-midi sur les traces de Valentine de Saint-Point : par un article de presse paru à sa mort, on sait qu’elle est enterrée dans le cimetière musulman de l’Imam El Leissi, tout proche de l’Imam el Chaffei. Avec ces seules vagues indications, il a été impossible de trouver la tombe car le cimetière est un lieu très vaste. L’espace qui sépare les tombes n’est pas un simple chemin, mais de véritables rues que les automobilistes empruntent pour échapper à la circulation des grands axes de la ville.

Accompagnée d’un des chercheurs de l’IDEO et d’un égyptien qui connaît bien les lieux, j’ai découvert un monde à part où des familles entières, pauvres, vivent parmi les enclos mortuaires et côtoient les morts dont ils gardent les tombes.

Si je n’ai pu trouver la tombe de Valentine de Saint-Point, j’ai tout de même pris connaissance de la particularité de ces lieux. Il serait intéressant, avec des informations complémentaires donnant le lieu exacte de la sépulture, de revenir lors de mon prochain séjour de recherche, et de me rendre au secteur du ministère de la santé qui gère en Égypte les enregistrements des enterrements.

Concert de Oud

lundi, février 22nd, 2010

Voilà plusieurs jours que je suis malade : ici, et pour une occidentale peu habituée à la pollution du Caire, un rhume se transforme vite en bronchite, qui force à rester couchée. Mes recherches sont donc à l’arrêt provisoire jusqu’à rétablissement complet.

Cela dit, juste avant de tomber malade, j’ai pu profiter d’une animation qui se déroulait derrière le Khân el Khalili, le grand souk du Caire. Dans une ruelle du quartier d’el-Azhar se trouve une maison, que l’on appelle « Beit-el-Oud ». Il s’agit vraisemblablement d’une maison ancienne du vieux Caire islamique, qui devait être un harem, vu son architecture.

L’école de musique donnait un concert de oud, un instrument égyptien qui ressemble à une mandoline, et dont Out-el-Kouloub fait un élément important de son roman Le Coffret hindou. Il y avait également d’autres instruments dont je ne connais le nom. Ce fut une véritable immersion dans la culture locale.

Trésors de Zamalek

dimanche, février 14th, 2010

Je viens de passer plusieurs jours à me rendre sur l’île de Zamalek qui se situe sur le Nil.

Ce quartier résidentiel du Caire était le foyer du développement intellectuel des années 1920 à 1960.

J’ai donc sillonné les rues pour m’imprégner du calme qui y règne et essayer d’imaginer Marie Cavadia, qui résidait dans la rue El Mansour Mohamed.

La rue Hassan Sabri Pacha quant à elle était celle qui abritait la revue de La Semaine égyptienne.

A Zamalek, j’ai également pu rencontrer un des descendants d’Hoda Charaoui qui a bien voulu me voir et me parler d’elle, même s’il ne l’a pas connue, et m’aiguiller sur la manière de trouver quelques archives peut-être encore disponibles.

Ce type de rencontres peut parfois mener loin, tout près des auteures que je ne lis d’habitude que sur papier. Une ancienne journaliste, aujourd’hui retraitée, m’a accordée sa confiance pour me raconter avec détails les souvenirs qu’elle a encore d’Out-el-Kouloub puisqu’elle assista, avec ses parents et sa soeur, à de nombreux diners mondains donnés par l’auteure de Zanouba, de Ramza, et du Coffret hindou, et se remémore encore les qualités qu’elle avait pour recevoir le milieu intellectuel et artistique dans son beau palais du centre-ville. Cette journaliste connut également Amy Kher, dont elle me donna quelques détails sur la vie mondaine.

Milieux intellectuels du centre-ville du Caire

mercredi, février 10th, 2010

Ma première journée dans le centre-ville, que l’on appelle ici le « Downtown », m’a permis de découvrir plusieurs endroits majeurs du milieu intellectuel cairote du début du vingtième siècle.

48 rue Qasr el Nil

En effet, en marchant rue la grande rue Qasr el Nil, j’ai pu pénétrer dans une petite cour intérieure au n°48, qui était le repère du mouvement féministe « Bent-el-Nil » de Doria Shafik dans les années 1940. Les numéros de la revue « La Femme Nouvelle » indiquent que l’administration était basée à cette adresse. Aujourd’hui, en cherchant un peu, dissimulée au fond de la cour, il existe un  « Cairo women’s club », dont j’ai pu obtenir le numéro de téléphone par le gardien de l’immeuble.

Non loin de là, se trouve le CEDEJ, « Centre d’Études et de Documentation Économiques, Juridiques et Sociales » dont la bibliothèque était exceptionnellement fermée à mon arrivée. Il faut savoir compter avec ce genre d’aléas : pour profiter au mieux de ce lieu francophone qui est un pôle majeur de recherche, j’ai tout de même tenté d’entrer en contact avec des chercheurs qui travailleraient dans le même domaine que moi. Justement, une post-doctorante en sociologie était présente, qui travaille sur les gender studies et l’espace urbain. Nous avons pu échanger pendant un long moment sur la question des femmes en Egypte, et ses conseils, remarques et indications bibliographique vont m’être d’une grande utilité. Elle m’a notamment orientée sur des références d’ouvrages de critique gender rédigés par des chercheurs anglophones tels que Miriam Cooke, Margot Badran, Leila Ahmed, Beth Baron, Maryline Booth, ou Joseph Zeidan. Cette rencontre inattendue a donc été profitable pour approfondir ma bibliographie critique.

Pour finir la journée, j’avais rendez-vous avec un intellectuel égyptien dont l’éclectisme des réflexions a permis d’aborder tout autant des interrogations culturelles, littéraires, que des problèmes de méthodologie de recherche. Il fut d’autant plus plaisant de bavarder avec lui que nous étions dans le repère de « l’Atelier du Caire » , célèbre club où se réunissent les penseurs et intellectuels arabophones, francophones comme anglophones du Caire. Quelques minutes avant mon départ, une lecture de théâtre arabe contemporain commençait justement en présence de son auteur…

Entre deux rencontres, j’ai visité quelques rues du Caire, dans le quartier du Midan Opera, dont voici une photographie.

Quelques photos

mardi, février 9th, 2010

Palmier de l'IDEOVoici quelques photos prises dans le jardin de l’IDEO hier matin.

Accueil et installation à l’IDEO

mardi, février 2nd, 2010

Après mon premier périple en voiture dans les rues du Caire, je découvre le lieu où je vais loger, ainsi que les personnes qui y travaillent ou y résident temporairement. Après le dépaysement épique : le réconfort de trouver un lieu et des personnes si accueillants. La maison des chercheurs de l’IDEO (Institut Dominicain d’Études Orientales) est constituée d’une vingtaine de chercheurs dont l’objectif est de promouvoir le dialogue entre les cultures et les civilisations. Le climat qui règne dans cet institut est particulièrement propice à l’échange, à la recherche, et au dialogue. J’ai été reçue ce premier jour par des intellectuels soucieux de dialoguer, de me mettre à l’aise et de faciliter mon acclimatation.

L’IDEO a aménagé une maison de chercheur, une demeure autonome, dotée de tous les équipements nécessaires et de tout le confort, qui accueille des chercheurs du monde entier pour des périodes plus ou moins longues. Deux collègues nord-américaines y résident en même temps que moi, facilitant encore la possibilité d’échanger sur des questions d’organisation du quotidien ou sur des problématiques de recherche.

L’IDEO possède en outre une bibliothèque qui comprend un riche fonds de documents – monographies, périodiques, usuels – sur la culture arabo-musulmane des dix premiers siècles de l’hégire. J’y ai été accueillie avec bienveillance, alors même que les bibliothécaires sont occupés en ce moment par la Foire du Livre, un événement majeur au Caire.