Archive for the ‘Hoda Charaoui – Sharaawy’ Category

L’Université Américaine du Caire et la librairie Rare Books

mardi, mars 2nd, 2010

Je suis partie ce matin pour une journée complète à l’Université Américaine du Caire qui se situe à présent dans le « New Cairo », la ville nouvelle construite dans le désert pour désengorger la ville du Caire. J’ai longtemps hésité avant d’y aller car cela représente un investissement de temps (une journée complète), et d’argent : pour y aller, il faut prendre un bus spécial qui part du centre ville.

La journée commençait justement très mal puisqu’arrivée au centre ville, il me fut difficile de trouver où acheter le ticket – les gardes de l’ancien campus censés m’expliquer comment procéder étaient incapables de me donner une explication claire de l’endroit où me rendre. Ils ont fini par capituler en me faisant monter dans le bus et en me disant d’acheter le billet à mon arrivée !

Prenant place dans le bus, un peu énervée par ce problème de communication, je regrettais d’avoir décidé de me rendre à ce campus à l’autre bout du monde, pour subir de tels inconvénients. Pourtant, quelle incroyable rencontre ai-je faite ! Une dame qui s’était installée à côté de moi dans le bus passait des appels de son téléphone portable et je remarquai qu’elle parlait tantôt anglais, tantôt arabe, parfois français. J’engageai alors la conversation en lui expliquant que j’étais une doctorante française, faisant une thèse sur les femmes égyptiennes francophones… Cela l’intéressa particulièrement : elle était justement en train de lire un ouvrage de Robert Solé sur la passion française de l’Égypte. Mais le plus incroyable restait à venir : elle connaissait certaines femmes que j’étudie, et pour cause, elle est la fille de Doria Shafik !

Comment aurais-je pu un jour imaginer rencontrer la fille d’une des auteures de mon corpus de thèse, dans un bus qui mène à un campus à l’autre bout du Caire ? La fin du voyage fut plus agréable qu’il n’avait commencé : nous avons parlé de Doria Shafik, des études qui lui ont été consacrées, des poèmes inédits qui seront un jour publiés…

Cette dame, professeur de chimie à l’université du Caire, me donna ses coordonnées afin que nous puissions échanger sur le travail de sa mère, et les articles que je publierai un jour à ce sujet. Elle me permit en outre d’avoir un accès direct à la bibliothèque Rare Books, en contactant directement le doyen de l’endroit, lui exposant le sujet de mes recherches, me permettant ainsi d’éviter certaines formalités complexes pour accéder au service.

Au service « Rare Books », j’ai pu consulter un chariot entier de cartons d’archives d’Hoda Charaoui – certaines étant triées et classées, d’autres, pour la majorité, étant en vrac : des lettres, des brouillons, des discours, des numéros de l’Égyptienne… une véritable mine d’informations à condition d’avoir la patience de tout lire et trier. En une seule journée, j’ai pu prendre connaissance de la masse des archives pour comprendre d’où elles viennent et ce qu’elles concernent, sans entrer dans le détail des documents. Ce sera le travail de mon prochain séjour au Caire, car l’ensemble de ces papiers donnent des indications précieuses sur la vie d’Hoda Charaoui et ses relations intellectuelles et personnelles, qui permettraient de retracer une partie de sa biographie.

Quelques trouvailles ont déjà cependant stimulé mes recherches, dont le brouillon d’une lettre envoyée à Valentine de Saint-Point en 1924, c’est-à-dire l’année de son arrivée au Caire, témoignant de l’admiration d’Hoda pour le courage de Valentine en Égypte.

Archives concernant Hoda Charaoui

samedi, février 20th, 2010

Grâce au petit-fils d’Hoda Charaoui que j’ai rencontré la semaine dernière, j’ai pu obtenir les coordonnées de la personne qui possède certaines des archives concernant la fondatrice de l’Union Féministe d’Égypte. Il s’agit du fils de celui qui fut à la fois son secrétaire et son fils spirituel, à qui elle confia le soin de rédiger ses mémoires après sa mort, lorsqu’il le jugerait opportun.

Le fils de cet ancien secrétaire est aujourd’hui antiquaire, comme l’était son père à partir de 1963, après avoir travaillé avec Hoda Charaoui. Il possède les brouillons des mémoires que son père commença à rédiger au début des années 1950. D’après son fils, sous les années Nasser, le secrétaire cessa son activité de rédaction, pour les reprendre ensuite sous Sadat, l’histoire de l’écriture de ces mémoires suivant ainsi les aléas de l’histoire politique égyptienne.

Finalement, ces mémoires furent publiés en plusieurs livraisons, dans le journal Rosal Youssef au début des années 1980. J’ai rendez-vous la semaine prochaine avec la fille du secrétaire (la sœur de la personne que j’ai rencontrée aujourd’hui) car elle possède encore des exemplaires du journal où furent publiés ces mémoires.

Rencontres

lundi, février 8th, 2010

Aujourd’hui, mes mains n’ont que vainement été poussiéreuses. A l’IDEO puis à la Ste Famille, j’ai épluché plus de 150 numéros de l’Egypte Nouvelle, couvrant ainsi plusieurs années d’informations… mais rien de fructueux, aucune pépite insoupçonnée. J’ai tout de même fait connaissance avec de nouveaux périodiques : Le Magazine égyptien, Goha, La Revue du Monde égyptien. Quelques articles d’Amy Kher dans La Semaine égyptienne, mais rien de concluant dans les années explorées. C’est que le mouvement féministe s’est un jour essoufflé ; c’est que les intellectuelles dont j’étudie les oeuvres ont un jour disparu. J’ai justement réussi à trouver sur une carte la localisation du cimetière où est enterrée Valentine de Saint-Point. C’est donc là-bas qu’il faudra que j’aille trouver une trace d’elle, si elle existe encore.

Mais les rencontres les plus intéressantes sont humaines et restent à venir : aujourd’hui, j’ai réussi à établir le contact avec un professeur de littérature comparée du Caire qui accepte de me rencontrer cette semaine pour échanger sur mes recherches, et qui pourra certainement m’aiguiller pour entrer en relation avec des professeurs spécialistes des gender studies. J’ai également réussi à obtenir les coordonnées d’une personne qui serait de la famille proche d’Hoda Charaoui, la grande Dame du féminisme égyptien des années 1930, que je croise sans cesse dans Images.