Milieux intellectuels du centre-ville du Caire

Ma première journée dans le centre-ville, que l’on appelle ici le « Downtown », m’a permis de découvrir plusieurs endroits majeurs du milieu intellectuel cairote du début du vingtième siècle.

48 rue Qasr el Nil

En effet, en marchant rue la grande rue Qasr el Nil, j’ai pu pénétrer dans une petite cour intérieure au n°48, qui était le repère du mouvement féministe « Bent-el-Nil » de Doria Shafik dans les années 1940. Les numéros de la revue « La Femme Nouvelle » indiquent que l’administration était basée à cette adresse. Aujourd’hui, en cherchant un peu, dissimulée au fond de la cour, il existe un  « Cairo women’s club », dont j’ai pu obtenir le numéro de téléphone par le gardien de l’immeuble.

Non loin de là, se trouve le CEDEJ, « Centre d’Études et de Documentation Économiques, Juridiques et Sociales » dont la bibliothèque était exceptionnellement fermée à mon arrivée. Il faut savoir compter avec ce genre d’aléas : pour profiter au mieux de ce lieu francophone qui est un pôle majeur de recherche, j’ai tout de même tenté d’entrer en contact avec des chercheurs qui travailleraient dans le même domaine que moi. Justement, une post-doctorante en sociologie était présente, qui travaille sur les gender studies et l’espace urbain. Nous avons pu échanger pendant un long moment sur la question des femmes en Egypte, et ses conseils, remarques et indications bibliographique vont m’être d’une grande utilité. Elle m’a notamment orientée sur des références d’ouvrages de critique gender rédigés par des chercheurs anglophones tels que Miriam Cooke, Margot Badran, Leila Ahmed, Beth Baron, Maryline Booth, ou Joseph Zeidan. Cette rencontre inattendue a donc été profitable pour approfondir ma bibliographie critique.

Pour finir la journée, j’avais rendez-vous avec un intellectuel égyptien dont l’éclectisme des réflexions a permis d’aborder tout autant des interrogations culturelles, littéraires, que des problèmes de méthodologie de recherche. Il fut d’autant plus plaisant de bavarder avec lui que nous étions dans le repère de « l’Atelier du Caire » , célèbre club où se réunissent les penseurs et intellectuels arabophones, francophones comme anglophones du Caire. Quelques minutes avant mon départ, une lecture de théâtre arabe contemporain commençait justement en présence de son auteur…

Entre deux rencontres, j’ai visité quelques rues du Caire, dans le quartier du Midan Opera, dont voici une photographie.

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