Au cœur du harem, Jehan d’Ivray

Il y a cent ans, paraissait Au cœur du harem, le récit autobiographique d’une jeune Française ayant quitté sa France natale pour vivre au Caire avec son mari égyptien. Elle y séjourna entre 1879 et 1919. C’est d’abord dans le harem de l’oncle que Jehan d’Ivray résida pendant près d’un an. Les souvenirs de cette expérience forment la trame d’un texte à mi-chemin entre le récit de vie, l’auto-fiction et l’étude ethnographique, qui raconte rétrospectivement les balbutiements et les difficultés de l’intégration d’une femme française catholique dans le milieu arabo-musulman égyptien du harem, à une époque où l’esclavage n’était pas encore aboli. L’ouvrage, écrit vingt ans plus tard, fait alterner deux voies : celle de la jeune fille ingénue de 17 ans forgeant son identité au contact de l’altérité, des différences culturelles, de rites et de coutumes autant méconnus qu’étranges ; celle de la femme adulte qu’elle devint, écrivaine avisée dont le regard surplombant, avec le recul du temps, éclaire sans cesse les obscurités culturelles et parvient à analyser tant sa propre vie que la condition de l’Égyptienne de la fin du XIXe siècle.