Mutations des pratiques poétiques, Maurice Rollinat, Marie Krysinska, Valentine de Saint-Point : 1878–1914 (Master 2)

Dans les cabarets des Hydropathes et du Chat Noir, créés à Paris en 1878 et en 1883, se sont expérimentés des modes de réalisation orale, voire corporelle du poème, menant à une conception et à des pratiques entièrement nouvelles de la poésie comme art de la scène. Le poète profère — jusqu’au cri — et incarne — avec gestes et mimiques — ses poèmes, plus qu’il ne les « déclame » ou les « récite », comme le disait encore Mallarmé.

Or, au tournant du siècle, être à la fois « poète », « musicien » et « diseur de vers », c’est être différent et c’est rompre avec la tradition littéraire qui exige que le poète ne se mêle que de créer grâce à son génie, et de réciter les poèmes en petits cercles privés, entre intellectuels ou entre amis. Le cabaret apparaît donc comme un lieu (populaire) nouveau de production et de transmission de la poésie.

Valentine de Saint-Point, quant à elle, première « femme futuriste », en créant la Métachorie, une danse d’essence cérébrale, remet en cause la prégnance du corps, pour créer un art à mi-chemin entre la danse et le poème.

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